Publicité

Lesotho

Lundi 8 octobre 2007

Mes amis ont repris le travail, mais moi je suis toujours en vacances ! J'ai préféré prendre deux semaines d'affilée. J'hésite sur mon occupation de la semaine, envisage un moment le bord de mer. Finalement j'opte pour la beauté singulière et aride du Lesotho, pays enclavé à l'intérieur de l'Afrique-du-Sud.

Je contacte un lodge qui est prêt à m'organiser trois jours de randonnées. La météo sera peu clémente, je rassemble tous mes pulls et mes couvertures. Comme la nourriture ne sera pas fournie, je fais le plein de rations lyophilisées, et achète un petit réchaud. Je suis fin prêt pour un départ, demain à l'aube.

PS : Le Lesotho, c'est d'abord une rencontre avec un peuple de montagne, accueillant, fier, et extrêmement pauvre. Les photos sont dans l'album.

Par Fabien
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mardi 9 octobre 2007

Destination Lesotho ! Le pays est entièrement enclavé dans l'Afrique-du-Sud;

Je pars de bonne heure, car je souhaite être à la frontière en milieu d'après-midi. J'ai un peu le trac, c'est la première fois que je pars tout seul à l'aventure aussi longtemps. Mais rapidement l'enthousiasme prend le dessus.

La sortie de Jo'burg au sud par la N1 est apocalyptique : paysage de bidonville, agrémentée d'usines crachant des nuages de fumée et d'une prison.... Je conduis pendant plusieurs heures à travers de vastes plaines céréalières, et vois enfin au loin se dresser les monts du Lesotho.

A la frontière, je me fais arrêter. J'ai oublié le papier d'assurance de la voiture. Je prend mon air le plus benêt, je sors tous mes papiers. Au bout d'un moment l'officier renonce et me laisse passer...

Je traverse Maseru, la capitale, puis conduis pendant un bonne heure jusqu'à Malealea. La pauvreté des maisons et des gens croisés sur la route me frappe, on dirait que le temps s'est arrêté il y a deux cents ans.

J'arrive enfin au lodge. Je choisis pour quinze euros la chambre la plus confortable : un modeste lit, une petite lumière, et les toilettes avec l'eau chaude dans la chambre : le luxe !

Avant le repas, à la tombée de la nuit, je vais au spectacle organisé par le lodge : une chorale, puis un groupe local. Preuve que ça groove dans les montagnes du Lesotho !

 

Je passe le repas et la soirée à discuter avec une Anglaise de Jersey, puis je me couche de bonne heure. Demain, c'est le départ pour trois jours de randonnée.

Par Fabien
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mercredi 10 octobre 2007

Le matin, je prend un solide petit déjeuner, puis je fais la connaissance de Zack, qui sera mon guide pendant trois jours. C'est un cheval, répondant au nom de Lehobosiane, qui portera mon sac.

Ci-dessous, une version émouvante de l'hymne national du Lesotho, interprétée par Zack.



Nous partons vers 9h, pour sept heures de randonnée. Le paysage change entre plateaux, et flancs escarpés. Les gens croisés sont amicaux, les femmes et les enfants insistent pour que je les prennent en photo.

Plusieurs montées et descentes, des grandes zones de plats, puis de nouveau un relief de plus en plus pentu. En fin de journée, Zack me dit qu'il reste 1:30 de marche, et me montre la direction. Le village est juste derrière un col particulièrement escarpé. Pendant plus d'une heure je monte difficilement, en serrant les dents, ma fatigue commence à être importante. Et puis nous parvenons au col, le franchissons, et apercevons le village, minuscules huttes de pailles et de terres, blotties contre le flanc de la montagne.

En titubant, je suis Zack, et puis le vois disparaître derrière une hutte. Devant la porte d'une hutte, un homme me fais signe d'entrer. A l'intérieur, il fait très sombre, un feu brûle, une fumée atroce me pique les yeux. Plusieurs personnes me montrent une paillasse sur le sol. Je pense qu'ils souhaitent que je m'assois, je me baisse, et au dernier moment je m'aperçois qu'un vieil homme est allongé. Je vois leur tête effarée, je me relève d'un coup, je m'excuse comme je peux, puis sors rapidement de la hutte, encore abasourdi.

A la tombée de la nuit, je fais bouillir mon eau et la traite pour avoir de l'eau potable le lendemain. Je prépare ma ration lyophilisée, discute un peu avec Zack, et me couche à 8h. Dans le village, il n'y a pas d'eau courante, pas d'électricité. J'ai froid, je me couche tout habillé avec mes chaussettes, trois pulls et mon pantalon.

Je suis mort de fatigue, ma nourriture est infâme, j'ai peur d'aller faire pipi car j'entends des chiens hurler et tourner autour de la hutte. Je me demande ce que je fais là, puis je repense au poème :
Sur chaque bouffée d'aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J'écris ton nom
(Paul Eluard : "Liberté")

Par Fabien
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Jeudi 11 octobre 2007

Je me réveille avec les jambes lourdes, mais j'ai relativement bien dormi. Je retrouve Zack. il a passé une nuit terrible, très agitée. le vieil homme allongé que j'ai aperçu hier est mort pendant son sommeil. C'était le chef du village, la famille a donné à Zack des lettres pour prévenir les autres communautés. Ici le téléphone n'existe pas.

Je suis impatient de continuer mon périple. Nous effectuons une randonnée de 6h. Les paysages sont de toute beauté, les panoramas sont grandioses.

Nous essuyons une forte averse, mais qui au bout d'un moment disparait. Nous franchissons quelques cours d'eau, sautant avec précaution de pierres en pierre.  En fin de journée, nous atteignons un nouveau petit village, où nous passons la nuit.

Je recommence les mêmes rites que la veille, purification de l'eau, préparation de la nourriture, inspection de mes pieds qui heureusement n'ont toujours pas d'ampoules ! J'installe mon duvet, et ma couverture qui sent le poney à des kilomètres à la ronde, et je me couche de bonne heure.

Par Fabien
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Vendredi 12 octobre 2007

Départ de bonne heure pour ce dernier jour de marche. Nous continuons à randonner entre montagne et plaines, traversons quelques villages isolés. Parfois je croise un groupe de touriste à cheval. Ils me regardent, moi à pied. Ils vantent mon courage, je leur réponds que j'en ai marre et que je veux monter sur leur cheval. Sourires.

Après 6h de marche nous arrivons au Lodge. Je prend une douche brûlante, je mange comme quatre des pâtes à la bolognaise. Je pars en tout début d'après-midi, je ne veux pas arriver trop tard à Sandton. Zack grimpe dans ma voiture, je le pose à Maseru la capitale, il souhaite acheter des chaussures.

J'arrive le soir à Sandton. Je repense à ces quatre jours, coupés du monde, que je n'ai pas vu passer. Je repense à ces enfants du Lesotho, la vigure sale, le nez qui coule, une couverture servant d'anorak et pas de chaussures aux pied. Je me sens tellement triste.

PS : les photos sont dans l'album.

Par Fabien
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus